D’après le Cabinet G&M Finance, le Cameroun qui est la locomotive économique de la Zone Cemac, doit maîtriser les financements structurés en faveur de la SND30. Pour ce faire, plusieurs experts de la haute Finance sont au pays pour quelques jours, dans l’optique de transmettre le savoir nécessaire. L’événement a débuté ce jour, à l’hôtel Krystal Palace à Douala 1er, en présence de la presse.
Le Cabinet G&M Finance, en partenariat avec le Ministère camerounais des Finances organise à Douala, du 26 au 28 Février 2025, un séminaire de formation dans le domaine de la haute Finance sur le thème « Maîtriser les financements structurés, pour le développement des infrastructures dans les pays de la Cemac : cas du Cameroun ». Depuis ce matin, des cadres financiers séniors de certains départements ministériels, des entreprises publiques et privées, ainsi que des banquiers, sont réunis à Douala, pour intégrer la maîtrise des financements innovants.
Les financements structurés, d’après l’expert financier Hubert Otélé Essomba, sont des instruments financiers complexes combinant des prêts, des actions, des obligations et des produits dérivés pour créer un produit financier à la carte, correspondant aux besoins spécifiques d’un pays ou d’une entreprise. Le directeur associé du Cabinet G&M Finance a également expliqué à la presse que « Pendant trois (03) jours, les Experts hautement qualifiés permettront aux participants d’acquérir une maîtrise plus approfondie des instruments financiers complexes utilisés pour financer des projets à grande échelle ou des acquisitions importantes, ainsi que l’utilisation d’actifs comme garanties. Ils se familiariseront également avec la notation financière », a-t-il précisé.
Les thèmes qui seront abordés : Transformation et efficience des organisations financières ; Financements des projets à long terme dans les secteurs de l’énergie des infrastructures des ressources naturelles (PPP, SYNDICATION…) ;Financements d’acquisition d’équipements et d’entreprises (LBO…) ; Titrisation et notation financière; produits dérivés (contrats à terme, les options et les SWAPS).

Le Contexte en zone Cemac, le cas du Cameroun
Selon le FMI, le solde budgétaire de la zone CEMAC est redevenu déficitaire de 0,3% du PIB en 2023 et va atteindre 0,9% en 2025. Cette détérioration est principalement due à la baisse des recettes pétrolières suite à la chute des prix du pétrole sur le marché international.
Sous cet effet, le ratio Dette publique/PIB de la région a atteint 53,8% en 2023 pour s’établir à Euros 151 milliards en 2024, soit 57,2% du PIB, avec en outre une vulnérabilité élevée dans certains Etats membres (Congo, Gabon,).C’est dans ce contexte de surendettement et d’inflation qu’une réunion d’urgence des Chefs d’Etat de la CEMAC s’est tenue à Yaoundé le 16 décembre 2024, car le poids du service de la dette pourrait obérer les objectifs de développement durable de la zone, notamment dans la santé, l’éducation, les infrastructures, et l’environnement.
Or, selon une table ronde de la BDEAC tenue à Paris en 2020, rien que les besoins de financement en projets intégrateurs dans la zone sont supérieurs à Euros 4 milliards pour la période 2021-2025 ; ceci dans un contexte de rareté de ressources qui oblige les pays de la zone à rechercher des voies innovantes de financement des projets, surtout dans le secteur de transport, de l’énergie, des télécommunications, de l’agro-industrie, de l’éducation et de la santé.Locomotive économique de la zone CEMAC, l’endettement du Cameroun est largement inférieur au ratio communautaire de 70%.
Le pays a donc besoin, afin d’atteindre ses objectifs déclarés dans la SND30, de financements massifs, et cela commence par cette année charnière 2025. Dans le budget en cours de l’Etat du Cameroun, il est prévu de lever la dette pour FCFA 1795 milliards : 70,8% de la dette extérieure proviendra des Prêts Projets, et 29,2% des appuis budgétaires. Le besoin d’endettement de l’Etat pour le triennat 2025-2027 est quant à lui estimé à FCFA 5407 milliards qu’il faudra trouver hors des sentiers battus, en maitrisant notamment des financements innovants à travers une multitude de mécanismes qui atténuent les risques tout en améliorant les rendements.
Face au manque de ressources financières internes, à l’accès limité aux marchés financiers traditionnels, avec par contre un grand besoin de financement à long terme, les pays de la CEMAC, en particulier le Cameroun ont besoin des financements qui offrent une plus grande flexibilité. Ils doivent par conséquent maîtriser les financements structurés, pour diversifier leurs sources de financement, et pour obtenir des ressources financières à long terme pour leurs projets d’infrastructures et de développement.
Billy Kolla



















