L’ambition de la CEMAC est de mettre en place un dispositif statistique pérenne de collecte de données sur les échanges transfrontaliers informels. Ce dispositif s’appuie sur un guide méthodologique harmonisé qui sera validé durant cet atelier.
À Djibloho en Guinée Equatoriale, le 03 novembre 2025 – La validation du « Guide méthodologique harmonisé pour la production des statistiques sur les échanges transfrontaliers informels dans les pays de la CEMAC est au centre de l’atelier dont les travaux ont été lancés ce lundi à Djibloho. La cinquantaine de participants comprenait les représentants des Instituts Nationaux de Statistiques (INS) du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la République Centrafricaine et du Tchad. A leurs côtés, les experts des institutions régionales au rang desquels ceux du PRASAC et de la CEBEVIRHA.
La cérémonie d’ouverture dudit atelier a été présidée par le Commissaire de la CEMAC en charge du Département des Politiques Économique, Monétaire et Financière, Nicolas Beyeme Nguema. Dans le discours d’ouverture, il a souligné que le Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA) contribue à mettre en œuvre, le Programme statistique (STAT-CEMAC).
Des réalisations du Projet HISWACA, le Commissaire a mentionné : l’harmonisation des Enquêtes sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) ; l’harmonisation de la méthodologie de production des statistiques agricoles; l’harmonisation du dispositif de production des statistiques d’entreprises dans la CEMAC, conjointement avec AFRISTAT ; le renforcement des capacités des Experts des Etats sur les statistiques des Finances publiques, organisé conjointement avec AFRITAC Centre ; l’élaboration d’un Guide méthodologique qui définit les modalités de calcul et de publication de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) et le développement d’une application régionale intégrée de calcul des indices harmonisés des prix à la consommation.

Les échanges transfrontaliers informels représentent une part significative du commerce intracommunautaire du fait qu’ils assurent des revenus aux ménages, soutiennent l’emploi et facilitent la sécurité alimentaire. Cette activité stimule aussi l’économie locale tout en consolidant les liens historiques entre les populations frontalières. Cependant, ces échanges restent non pris en compte dans les statistiques officielles, conduisant à une sous-estimation du commerce extérieur et limitant ainsi la capacité des décideurs à concevoir des politiques économiques adaptées.
Face à la situation, certains Etats membres ont engagé des démarches pionnières, à l’instar du Cameroun et de la République Centrafricaine, dont les expériences constituent une base précieuse pour la construction d’un dispositif harmonisé à l’échelle communautaire. Les enseignements tirés de ces initiatives démontrent qu’une approche scientifique et coordonnée permet non seulement de quantifier les flux commerciaux informels, mais aussi de mieux comprendre leurs circuits, leurs acteurs et leur impact sur les balances commerciales et les recettes publiques.
La réunion de Djibloho s’inscrit dans le prolongement de la vision portée par la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC qui vise à faire de la communauté un espace intégré, émergent, fondé sur la solidarité, la stabilité et la bonne gouvernance économique. Cette ambition ne peut se concrétiser sans une base statistique solide, harmonisée et fiable, permettant d’orienter les politiques économiques sous régionales, d’éclairer la décision publique et d’orienter efficacement les politiques économiques nationales.
Dans cet élan d’esprit, la Commission de la CEMAC a engagé, avec l’appui de la Banque Mondiale, la mise en œuvre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA), dont l’un des volets majeurs porte sur la mesure du commerce transfrontalier informel, composante déterminante, mais encore insuffisamment documentée des économies de la sous-région.
Nicolas BEYEME NGUEMA a rappelé que « mesurer le commerce transfrontalier informel permettra de mieux comprendre l’activité économique, d’avoir un aperçu plus proche de la réalité des échanges entre les pays et d’améliorer les statistiques du commerce extérieur des Etats. Cela permet également de produire des comptes nationaux plus fiables et d’outiller l’action publique en matière de sécurité alimentaire, de fiscalité et d’infrastructure »
Une visite de la zone des trois frontières (Cameroun, Gabon et Guinée Equatoriale) permettra aux participants d’appréhender les réalités des échanges transfrontaliers informels et de simuler une collecte de données en vue d’améliorer les documents méthodologiques, en cours de validation, sur les pratiques observées.
À l’issue de l’atelier, les Experts adopteront : la méthodologie d’élaboration des études monographiques des pays, afin de disposer des cartographies des points de passage transfrontaliers de marchandises, (le Guide méthodologique harmonisé pour la production des statistiques du commerce transfrontalier informel, et le calendrier communautaire pour la mise en œuvre des enquêtes allant des études monographiques à la collecte des données.
——————————————–Pour plus d’information, contactez le Département des Politiques Économique, Monétaire et Financière de la CEMAC.Email : dpemf@cemac.


















