Alors que plus 60Ms de consommateurs bénéficient du fret terrestre dans la sous-région, des véhicules mettent encore 45 jours entre Douala et Djamena, et parfois plus de 12h au points de contrôle. D’après les opérateurs du secteur lors du 2ème forum à Douala, il est plus que jamais impératif de mettre sur pied des corridors qui unissent et non qui divisent, des corridors fluides, sécurisés et digitalisés.
Sur le thème : « la Compétitivité des Corridors transfrontaliers, et la facilitation des échanges en zone Cemac, les opérateurs du Fret de la sous-région Afrique Centrale, se sont réunis à Douala ce jeudi 30 juillet 2026, pour le 2ème forum annuel, sous la présidence du Doyen du Corps Diplomatique en la personne de Armando Kote Echuaca, et en présence du Gouvernement camerounais.
L’événement organisé par le Bureau de Gestion du Fret Terrestre du Cameroun (BGFT) réunissait plusieurs centaines de participants, partis de plusieurs pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Des directeurs généraux des bureaux de gestion éponyme et des représentants des gouvernements qui sont retournés dans leurs pays respectifs avec des missions eu égard aux recommandations issues du forum, ont salué et remercié le BGFT, coordonnée par El Hadj Oumarou, par ailleurs maire de Nkonsamba 1er.
Des corridors non compétitifs qui impactent négativement l’économie sous régional
D’après S.E Armando Kote Echuaca, la sous-région dispose des corridors, mais non compétitifs, comparativement aux autres sous-régions. “Les 6 pays de la Cemac constituent un marché de plus de 60 millions de consommateurs des Ports, des Routes et Rails. Pourtant, un conteneur peut mettre 25 à 45 jours entre Douala et Djamena”. Dans son allocution, l’ambassadeur de la république de Guinée au Cameroun a expliqué que les coûts de transport représentent 30% des prix finaux des produits. “Un camion passe encore 12h à une frontière juste pour des formalités, qui peuvent être mieux encadrées et mieux formalisées. Des paradoxes qui coûtent chers et impactent fortement la rentabilité économique de la sous-région, rendant les produits non compétitifs”.

D’après le doyen du Corps Diplomatique, la facilitation de la compétitivité urgente demeure un levier d’intégration. “Aujourd’hui, il est plus que jamais impératif de mettre sur pied des corridors qui unissent et non qui divisent, des corridors fluides, sécurisés et digitalisés”, a-t-il précisé. Dans la lancée la position des chefs d’État de la Cemac est claire, faire de l’intégration régionale un moteur de croissance et une réalité tangible. Pour ce faire, il faut un fret compétitif, des échanges facilités sans lesquels, les accords restent des textes. Sans compétitivité des corridors, les entreprises ne peuvent malheureusement ni exporter, ni créer de l’emploi.
Les Recommandations à l’issue du Forum
À l’issue des travaux qui se sont déroulés le long de la journée, les acteurs de l’écosystème du Fret dans la sous-région Afrique Centrale ont soumis au président des pays membres, des recommandations.
_ Clarifier et adopter les législations et réglementation sur l’usage des infrastructures routières, et la construction qualitative des routes pérennes, gage de la réduction des délais de passage et de matérialiser les routes et corridors.
_ Harmoniser les réglementations nationales, former les acteurs, investir sur les modes numériques permettant de réussir l’atteinte de ses objectifs. Celà passe nécessairement par la diversification des sources de fourniture d’internet, et l’amélioration des débits.
_ Procéder à la diversification et au renforcement des investissements dans la recherche des solutions numériques
_ Renforcer la vulgarisation des procédures et des avancées technologiques faites dans le secteur, ensuite, renforcer la sécurité sociale des chauffeurs. Par ailleurs, prendre en compte les besoins spécifiques des Transporteurs non syndiqués.
_ Développer les solutions de redondance GSM, suggérer la création d’un comité interministériel de suivi évaluation de ces questions, et de mise en œuvre de la réglementation sur les corridors.
_ Favoriser l’interconnexion des guichets uniques en zone Cemac, multiplier les campagnes de formation et de sensibilisation des différents acteurs, développer les actions civilo-militaires, par la concertation permanente avec les transports.
_ Lutter contre les effets pervers des mécanismes Douaniers censés réduire les délais.
_ Réfléchir sur l’effet pervers des camions neufs, qui font plus d’accidents que les vieux camions.
_ Combler le déficit de réflexion prospective concernant le financement pérenne et structurant des processus de dématérialisation actuellement engagé.
_ Accroître le développement des équipements le long des axes, des aires de repos, stations service, installation pour les administrations publiques, ainsi de suite… Dans une approche globale inclusive visant a réponde au besoin opérationnel de l’ensemble des parties prenantes, de la chai’e logistique.
Améliorer la structuration technique et financieres des projets sectoriels afin de capter efficacement les ressources des bailleurs de fonds internationaux, indispensables pour soutenir durablement cette dynamique de modernisation.
_ Renforcer la coopération avec les BNFT des pays en dehors de la sous région, en prenant en compte les spécificités des pays et de leur voisinage.
_ Consolider l’interopérabilité et la continuité opérationnelle entre les communautés économiques régionales, et les cadres d’intégration continental afin de parachever la modernisation structurelle, pour l’optimisation durable de la performance compétitive des corridors.



















