Organisé sous le thème, “Diversification des sources de financement et Gestion soutenable de la Dette publique”, le Talk présidé par le DG du trésor camerounais, a réuni les acteurs majeurs du marché financier régionale à Douala le 19 Février dernier à Douala. La lutte contre les changements climatiques est la principale mission des financements escomptés
D’après la Direction Général du Trésor, il ne s’agit pas d’une orientation circonstancielle, mais d’un axe restructurant de l’action publique, dans un environnement international marqué par la persistante du taux d’intérêt élevé, une volatilité accrue des marchés, et une sélectivité renforcée des investisseurs à l’égard des économies africaines. Dans ce contexte exigeant, la loi des finances 2026 prévoit un besoin global de financement d’environ 1650 Milliards de francs cfa. D’après le DG du Trésor, il échoit aux acteurs Camerounais du marché financier, de mobiliser ces ressources dans les meilleures conditions de maturité et de soutenabilité, tout en préservant l’équilibre macro-économique, et la crédibilité financière de l’état.
“Nous devons rapidement diversifier notre vase d’investisseurs. Il est plus soutenable que les financements reposent sur les bilans bancaire domestiques. Et, l’enregistrement de l’écosystème des investisseurs qui a commencé l’année dernière, incluant les compagnies d’assurance, les comptes institutionnels, la diaspora et les partenaires multilatéraux, constituent une condition essentielle de stabilité, et de résilience”, a-t-il precisé.
La préservation de la biodiversité comme motif de l’endettement
L’objectif de cet appel public est de financer les projets qui contribuent à lutter contre le changement climatique. D’après le directeur des affaires financières de l’état au Minfi, Il ne s’agit pas d’un financement usuel, mais d’une ressource budgétaire au profit de la biodiversité. “Le Cameroun est déjà doté d’un cadre environnemental et durable, sur lequel est adossé un registre d’actif constitué d’un ensemble de projet pré-identifiés et validés par des agences de notation internationales. Le but n’est pas seulement d’obtenir ces financements, mais de démontrer qu’ils ont aidé à réduire l’effet de changements climatiques”, a déclaré Kelly Moua Kinsley. L’évènement avait entre autres pour objectif, de favoriser un cadre réglementaire propice, qui démontre que le Cameroun est prêt à mobiliser ces financements.

Des 1650 Mds Fcfa, 1000 Mds sont à mobiliser auprès de la diaspora camerounaise, suite à une approbation du parlement ; 400 Mds seront mobilisés au niveau du marché régional de la Cemac et 250 Mds qui pourront être mobilisés en prêt direct sur le marché financier locale pour l’accompagnement des différents projets d’infrastructures. À LRE, Kelly Moua Kingsley a expliqué que le Gouvernement a supprimé les taxes dans la transaction des opérations inhérentes à ce projets de financement, afin d’encourager les parties prenantes. Non sans préciser que depuis 15 ans que le Cameroun est sur le marché, il est classé triple A, c’est à dire qu’il n’a jamais fait défaut de solvabilité.
Une réunion d’experts du marché financier pour une structuration adaptée
Pour l’occasion, la direction générale du Trésor camerounais a organisé un atelier de présentation du plan de financement de l’état à Douala le 19 février dernier, autour de trois axes principaux : Financer le développement, tout en préservant la soutenabilité de la dette publique. “Le faire sans compromettre l’avenir, impose une gestion active et prudente de notre portefeuille de dette”. D’après M. Moh Syvester Tangongho, le ministère des finances travaille à la réduction des risques et à l’amélioration continue du profil d’amortissement, La gestion active de la dette incluant les opérations de reprofilage, et l’optimisation du coût par des instruments adaptés, qui devient désormais un levier permanent de pilotage.
Le second thème visait à Trouver les outils pour capter l’épargne de la diaspora, pour le financement de l’économie nationale. Le DG du trésor explique que la mobilisation de l’épargne de la Diaspora, s’inscrit dans une dynamique de transfert annuel de l’épargne de la diaspora, qui représente un potentiel considérable. Son enjeu est de transformer une partie de cette épargne en investissement au service des projets structurants de la nation. “La diaspora n’est pas seulement une communauté expatriée, elle est un acteur stratégique de développement”.
Le troisièmes axe des échanges, portait sur La mobilisation des ressources par l’émission des obligations thématiques (vertes, sociales et durables). D’après la DGT, le recours aux obligations thématiques, représente une évolution majeure de sa stratégie. Le Cameroun dispose désormais d’un cadre de financement durable, doté d’un régime d’actif éligible estimé à plus de 8000 Mds de fcfa, ce qui constitue un socle solide pour le développement d’instrument vert, sociaux et durable. “Ces instruments permettent d’activer les investisseurs spécialisés à long terme, d’améliorer les conditions financières et d’aligner notre politique, d’endettement sur les Objectifs de Développement Durables”.
Face à la presse, le directeur général du Trésor a fait savoir que l’année 2026 marque une étape charnière au Cameroun, elle doit être celle de la transformation du marché domestique, l’ouverture maîtrisée au investisseurs internationaux, le renforcement de la discipline budgétaire et la consolidation de notre crédibilité financière. M. Moh Syvester Tangongho, la diversification des ressources de financement est un impératif de souveraineté, la gestion soutenable de la dette est une obligation auprès des gestionnaires futures.
Billy Kolla


















