Prévue du 28 au 31 octobre 2026 au Best Western Plus Soaho, à Douala, la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique ambitionne de mobiliser entreprises, investisseurs et pouvoirs publics autour des opportunités du secteur. Au-delà des 250 exposants et des 20 000 visiteurs attendus, l’enjeu sera de transformer les rencontres d’affaires en financements, contrats et projets énergétiques effectivement réalisés.
Le marché africain des énergies renouvelables représente un potentiel d’investissement considérable. Entre les besoins en électrification, la demande croissante des entreprises et la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement, les opportunités concernent aussi bien la production d’électricité que les équipements solaires, le stockage, la distribution et les services techniques.
C’est sur ce potentiel que mise la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique (FIERA-Douala 2026), organisée du 28 au 31 octobre prochain dans la capitale économique camerounaise. Promue par ETS DASSI CONSULTING, sous le haut patronage du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), avec le soutien du gouvernement camerounais et de la ville de Douala, la rencontre entend rapprocher les acteurs susceptibles de financer, de développer et de déployer des solutions énergétiques sur le continent.
Selon les éléments communiqués par les organisateurs, plus de 600 millions d’Africains restent privés d’un accès fiable à l’électricité. Cette situation souligne l’importance des besoins en infrastructures, mais aussi les marchés potentiels pour les entreprises capables de proposer des solutions techniquement adaptées et économiquement viables.
Lors de la conférence de presse du 23 octobre au Cercle municipal de Douala, les intervenants ont souligné le paradoxe entre les difficultés d’approvisionnement énergétique et les ressources disponibles sur le continent. « Nous sommes des pays où nous avons des problèmes énergétiques, et paradoxalement, nous avons des potentialités », a notamment relevé Dr Yaya Saïdou, en mettant en évidence le décalage entre les besoins énergétiques et les capacités à valoriser.
Les énergies renouvelables, un levier de diversification économique
Pour Ludovic Dassi, coordonnateur général de la FIERA, le développement des énergies renouvelables constitue un enjeu stratégique pour l’avenir énergétique du continent. Ces sources d’énergie proviennent de ressources naturelles qui se reconstituent à l’échelle humaine, notamment le soleil, le vent, l’eau et la biomasse. Selon les technologies utilisées, elles permettent de produire de l’électricité, de la chaleur ou des combustibles.
Leur valorisation ouvre des perspectives de diversification du mix énergétique africain et de réduction de la dépendance à certaines sources fossiles. Elle favorise également l’émergence de débouchés économiques dans l’importation et la distribution d’équipements, l’installation, la maintenance, l’ingénierie et la formation professionnelle. Pour les investisseurs, cette filière présente des opportunités dont la concrétisation dépend notamment des coûts d’installation, des infrastructures disponibles, des solutions de stockage et de l’accès à des financements adaptés.
Du financement aux projets réalisables
Pour les investisseurs, l’intérêt du secteur ne se limite pas au potentiel des ressources renouvelables. La décision d’engager des capitaux dépend notamment de la rentabilité attendue, de la fiabilité des équipements, de la solvabilité des clients, des conditions réglementaires et des garanties disponibles.
Dans ce contexte, la FIERA prévoit des espaces de rencontres B2B, entre entreprises, et B2G, entre entreprises et administrations publiques, ainsi qu’une Deal Room destinée à faciliter les discussions autour d’opportunités d’affaires. Ces dispositifs doivent rapprocher les porteurs de projets, les fournisseurs de technologies, les acheteurs institutionnels et les partenaires financiers.
L’objectif est également de favoriser le développement de solutions énergétiques accessibles. « Si il y a l’énergie renouvelable, c’est accessible à tous les Camerounais », a souligné Dr Yaya Saïdou, en évoquant l’enjeu de l’accessibilité énergétique.
L’opérationnalisation de cette ambition suppose néanmoins de structurer des projets suffisamment solides pour convaincre les financeurs. Cela implique de préciser les besoins en capitaux, les modèles économiques, les modalités de financement et les conditions d’exécution.
À ce stade, les informations communiquées ne précisent ni le montant des investissements recherchés, ni une enveloppe de financement mobilisée, ni une liste de projets déjà sécurisés. Ces indicateurs seront essentiels pour apprécier la portée économique de l’événement et distinguer les intentions de partenariat des engagements financiers effectifs.

Solaire, hydroélectricité et biomasse : des débouchés à structurer
Au Cameroun, la diversification du mix énergétique ouvre plusieurs pistes d’investissement. Le solaire peut notamment répondre à certains besoins des entreprises, des commerces, des infrastructures collectives et des zones où l’alimentation électrique demeure insuffisante. Selon la configuration des installations, les projets peuvent associer panneaux photovoltaïques, batteries de stockage et dispositifs de gestion de l’énergie.
Ces équipements représentent des débouchés pour les importateurs, les distributeurs, les installateurs et les sociétés de maintenance. Pour les investisseurs, la viabilité des projets dépendra notamment du coût initial, des économies réalisables, de la durée de vie des installations et de la capacité des clients à financer leur acquisition.
L’hydroélectricité demeure également un axe majeur du paysage énergétique camerounais. La biomasse constitue, pour sa part, une piste à explorer lorsque les ressources disponibles, la logistique d’approvisionnement et les débouchés énergétiques permettent d’assurer la viabilité économique des projets.
La question de la place des renouvelables dans le mix énergétique a également été soulevée pendant la conférence de presse. « Aujourd’hui, la part […] est vraiment négligeable », a fait observer Dr Yaya Saïdou, en évoquant l’objectif de porter à 25 % la contribution des énergies renouvelables hors hydroélectricité. Cette ambition souligne l’ampleur des investissements nécessaires pour développer les capacités de production et diversifier les sources d’approvisionnement.
Pour les entreprises industrielles et commerciales, l’intérêt réside aussi dans la possibilité de sécuriser une partie de leur approvisionnement énergétique et de mieux maîtriser leurs dépenses. Pour les fournisseurs de solutions, il s’agit de proposer des offres adaptées à la capacité financière des clients et aux contraintes opérationnelles du marché.
Douala, point de rencontre entre capitaux et débouchés régionaux
Le positionnement de Douala constitue un atout pour une rencontre tournée vers les investissements. Capitale économique du Cameroun et plateforme logistique majeure en Afrique centrale, la ville concentre des activités commerciales, industrielles et de services susceptibles de générer une demande en solutions énergétiques.
La présence d’entreprises, de distributeurs et d’acteurs économiques peut faciliter les échanges commerciaux et l’identification de partenaires régionaux. Elle offre également un cadre pour examiner les besoins des industries, des PME et des collectivités en matière d’efficacité énergétique et d’alimentation électrique.
Pour les investisseurs étrangers, les partenariats avec des opérateurs locaux peuvent contribuer à mieux appréhender les contraintes du marché, à organiser la distribution des équipements et à assurer le suivi technique des installations. Pour les entreprises camerounaises, les collaborations peuvent ouvrir l’accès à de nouvelles technologies, à des compétences spécialisées et à des financements.
Toutefois, la concrétisation de ces opportunités suppose un environnement favorable : règles claires, procédures prévisibles, accès aux financements, disponibilité des compétences et mécanismes contractuels adaptés. La rencontre économique ne peut, à elle seule, lever l’ensemble de ces contraintes, mais elle peut contribuer à rapprocher les acteurs concernés.

Les retombées locales, autre enjeu économique
Les investissements dans les énergies renouvelables peuvent également soutenir l’emploi et les activités de services. L’installation des équipements, leur entretien, la gestion des systèmes électriques et la formation des utilisateurs créent des besoins en compétences techniques.
Le développement de prestataires locaux représente un enjeu important pour maintenir les installations sur la durée et conserver une partie de la valeur ajoutée dans l’économie nationale. La formation de techniciens, le transfert de savoir-faire et la structuration de réseaux de maintenance pourraient ainsi accompagner les investissements dans les infrastructures.
Le programme annoncé prévoit des ateliers techniques, des sessions de formation et des activités consacrées à la jeunesse et à l’innovation. Leur portée économique dépendra notamment de leur capacité à rapprocher les compétences disponibles des besoins réels des entreprises et des projets.
Des engagements financiers comme véritable indicateur de réussite
Avec plus de 250 exposants et plus de 20 000 visiteurs attendus, les organisateurs affichent des ambitions importantes pour cette édition. Mais la fréquentation ne suffira pas à mesurer les résultats économiques de la rencontre.
Les indicateurs les plus significatifs seront le nombre de projets présentés à des financeurs, les accords commerciaux conclus, les financements effectivement mobilisés, les contrats signés et les installations réalisées après l’événement. La publication de données précises sur ces résultats permettrait d’évaluer la contribution de la rencontre au développement du marché.
Pour le Cameroun et l’Afrique centrale, l’enjeu est de convertir les besoins énergétiques en projets bancables, capables d’attirer les capitaux et de produire des retombées durables. C’est à cette capacité de passage à l’exécution — davantage qu’aux annonces — que se mesurera la portée économique de la FIERA-Douala 2026.





















