Du 23 au 25 septembre, le Best Western Plus de Douala accueille la première Diamond Capital Convention (DCC), organisée par Almasi Capital & Advisory (ALCA), société de bourse agréée pour intervenir sur le marché financier de la CEMAC. Pendant trois jours, investisseurs, institutions financières, entrepreneurs, régulateurs et acteurs de l’innovation financière sont réunis autour d’un enjeu central : comment mieux orienter le capital vers l’économie réelle ?
Sous le haut patronage du ministre des finances, l’événement s’est ouverte le 23 septembre à Douala, sous le haut patronage du Premier ministre. Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a représenté le chef du gouvernement lors du lancement de cette première édition.
Le symbole est fort. Banques, assureurs, sociétés de bourse, institutions de microfinance et fintechs de la zone CEMAC se retrouvent autour d’une même équation : transformer davantage l’épargne disponible en investissements productifs.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la COSUMAF, et Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC, aux côtés de plusieurs acteurs majeurs du secteur financier, dont CCA Bank.
Le dispositif annoncé donne à la rencontre une dimension régionale : 60 intervenants, 80 espaces d’exposition et un Diamond NextGen Challenge, doté de plusieurs millions de FCFA, destiné aux jeunes porteurs de projets fintech.
Six pays, un même défi
« Six pays. Un marché. Une ambition. » Le mantra de cette première édition résume la volonté des organisateurs : faire de Douala un espace de convergence pour les acteurs du financement en Afrique centrale.
Le diagnostic porté par ALCA tient en une formule : la CEMAC ne manque pas de capital ; elle doit mieux organiser sa rencontre avec les opportunités.
Trois leviers structurent cette ambition : mobiliser le capital, en orientant davantage l’épargne vers l’investissement productif ; construire la confiance, grâce à des règles plus lisibles et à un environnement de marché plus prévisible ; et financer la transformation, en convertissant le potentiel régional en entreprises, infrastructures et emplois.
Les six économies de la CEMAC — Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Congo, Gabon et Guinée équatoriale — font face à un défi commun : rapprocher davantage les ressources financières disponibles des besoins des PME, de l’industrie et de l’innovation.
« Nous avons voulu créer le lieu qui manquait »
À l’origine de cette initiative, Ingrid Obouh-Fegue, directrice générale d’Almasi Capital & Advisory, défend une approche fondée sur la création de passerelles entre détenteurs de capitaux et porteurs de projets.
Dans The Capital Book, revue officielle de la convention, elle résume la philosophie de la DCC : « Nous avons créé la Diamond Capital Convention à partir d’une conviction simple : l’Afrique centrale ne pourra pas financer ses ambitions uniquement avec les mécanismes d’hier. »
Pour la dirigeante, l’enjeu n’est pas seulement de réunir les acteurs du marché, mais de rapprocher concrètement les différentes composantes de l’écosystème financier : États, régulateurs, sociétés de bourse, sociétés de gestion, banques, investisseurs institutionnels, institutions de développement, entreprises et nouvelle génération d’entrepreneurs. Sa définition du succès est tout aussi directe : « Un marché financier se mesure à sa capacité à transformer l’épargne en investissement et l’investissement en développement. »
Au-delà du forum, le test de la concrétisation
Le programme se déploie sur trois jours. Après une première journée consacrée à la vision et aux perspectives du marché régional, la deuxième journée met l’accent sur le financement de l’économie réelle et les rendez-vous B2B. La troisième sera consacrée à la régulation et au dialogue avec les régulateurs.
Le Diamond NextGen Challenge 2026 constitue l’un des formats phares de cette première édition. Le concours prévoit une dotation de 3 millions de FCFA pour le meilleur projet fintech porté par un jeune, assortie d’un accompagnement stratégique post-convention par ALCA et d’un accès à DCC Capital Connect, dispositif de rencontres ciblées avec investisseurs et banques.
Pour cette première édition, l’enjeu dépasse donc la réussite d’un rendez-vous professionnel. Après les discours sur la nécessité d’un marché financier plus profond, liquide, transparent, sécurisé et accessible, la véritable mesure de la DCC se situera dans sa capacité à faire émerger des connexions durables entre capital et projets, puis à transformer ces connexions en partenariats et en financements effectivement mobilisés.





















