Réunie du 23 au 25 septembre à Douala, la première édition de la Diamond Capital Convention a placé au centre des débats la capacité du marché financier de la CEMAC à mieux financer l’économie réelle. Organisé par Almasi Capital & Advisory, le rendez-vous a été ouvert sous le haut patronage du Premier ministre, avec une cérémonie d’ouverture présidée par Louis Paul Motazé, ministre des Finances, représentant le chef du gouvernement. À la clôture, Ingrid Obouh Fegue, Directrice Générale d’Almasi Capital et responsable de l’organisation de la convention, a appelé à passer des échanges aux résultats.
Pendant trois jours, investisseurs, entreprises, institutions financières, régulateurs et professionnels du marché ont confronté leurs analyses autour d’une même problématique : comment mieux transformer les ressources disponibles en financements de long terme pour les entreprises et les projets structurants de la sous-région ?
La Diamond Capital Convention, organisée par Almasi Capital & Advisory, s’est voulue comme un espace de dialogue entre détenteurs de capitaux et porteurs de projets. Le programme a notamment abordé le financement de l’économie réelle, le capital, la dette, l’innovation, la régulation et la confiance.
À l’ouverture, Louis Paul Motazé, ministre des Finances, a présidé la cérémonie au nom du Premier ministre. Cette première édition a également réuni plusieurs figures de l’écosystème financier régional, dont la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba-Nkembe, et le directeur général de la BVMAC, Louis Banga Tollo.
Cinq convictions pour changer l’équation
À la clôture, Ingrid Obouh Fegue, Directrice Générale d’Almasi Capital et responsable de l’organisation de la DCC 2026, a refusé de présenter les trois jours de discussions comme une réponse définitive aux difficultés du marché.
Elle en a plutôt tiré cinq convictions.
La première porte sur le rôle de l’État et des acteurs publics. Pour elle, l’enjeu n’est pas seulement de disposer de capitaux, mais de mieux les mettre au service de l’économie, à travers des projets mieux préparés, des entreprises plus transparentes et des instruments adaptés.
Deuxième conviction : le financement de l’économie ne peut reposer sur un seul acteur. Le crédit bancaire demeure indispensable, mais il doit pouvoir s’articuler avec le marché obligataire, l’investissement collectif, les garanties et les mécanismes de financement structuré. L’objectif n’est donc pas d’opposer banques et marchés, mais de construire un véritable continuum de financement.
Troisième constat : le développement du marché ne peut être renvoyé à la seule responsabilité des entreprises. Celles-ci doivent améliorer leur gouvernance, leur transparence et leur information financière. Mais les professionnels du marché doivent également aller vers elles, comprendre leurs besoins et les accompagner dans leur accès au capital. « Un marché ne se développe pas uniquement en attendant les émetteurs. Il se développe aussi en les faisant émerger », a souligné Ingrid Obouh Fegue.
La quatrième conviction concerne le risque. Plutôt que d’opposer des investisseurs jugés prudents à des entrepreneurs considérés comme insuffisamment préparés, la dirigeante préconise de mieux identifier, mesurer, rémunérer et partager les risques. Les garanties et mécanismes de financement public ou concessionnel doivent notamment contribuer à mobiliser davantage de capitaux privés, sans se substituer à eux.
Enfin, la profondeur du marché passera par davantage de transactions. Plus d’émetteurs, plus d’instruments, plus d’investisseurs et davantage de liquidité sur le marché secondaire sont nécessaires pour transformer l’architecture financière en véritable outil de financement de l’économie.
La confiance comme infrastructure
Au-delà des instruments financiers, Ingrid Obouh Fegue a placé la confiance au cœur de l’équation. Celle-ci repose, selon elle, sur la qualité de l’information, la gouvernance, la protection des investisseurs, la crédibilité des règles et la capacité des institutions et des acteurs à respecter leurs engagements.
La dirigeante a également annoncé la transformation des conclusions de la convention en un Livre blanc. La « Déclaration de Douala » constitue le point de départ de ce travail, et non son aboutissement.
Dans les prochaines semaines, les contributions issues des panels, keynotes et échanges avec les investisseurs, institutions et professionnels du marché seront reprises afin de distinguer les constats des recommandations et les mesures immédiatement applicables des réformes structurelles.
Chaque proposition devra répondre à trois questions : qui doit agir, sur quoi et comment mesurer les progrès et l’impact ?
Le futur Livre blanc de la Diamond Capital Convention devra ainsi être suffisamment concret pour être utilisable par les gouvernements, les régulateurs, les institutions financières, les investisseurs, les entreprises et les professionnels du marché.
Du débat aux résultats
Pour Ingrid Obouh Fegue, le véritable test de la convention interviendra dans la durée. Elle souhaite que les engagements formulés à Douala puissent être réexaminés dans deux ans, autour d’une question simple : « Qu’avons-nous réellement fait de ce que nous nous sommes dit à Douala ? »
La clôture de cette première édition ne se veut donc pas comme la fin du processus. Les échanges, désaccords, compromis et rencontres des trois jours doivent désormais se traduire en propositions, responsabilités et résultats.
L’ambition affichée est de construire, à l’échelle de la CEMAC, un marché financier davantage connecté à l’économie réelle : capable de mobiliser plus d’épargne pour l’investissement, d’offrir aux entreprises davantage de voies d’accès au capital et de proposer aux investisseurs des opportunités plus nombreuses et mieux structurées.
À Douala, la Diamond Capital Convention aura ainsi posé une question centrale. Reste désormais à mesurer la capacité des acteurs du marché à y apporter des réponses concrètes.




















