Avec 19 actions réalisées sur les 24 prévues, le Cameroun affiche un taux d’avancement de près de 80 % dans son processus de mise en conformité avec les exigences du Groupe d’action financière (GAFI). Réuni le 22 octobre 2026 à Yaoundé, le Comité national de coordination a appelé les administrations concernées à accélérer la mise en œuvre des cinq mesures restantes.
Le Cameroun poursuit ses réformes pour renforcer la transparence de son système financier et lutter contre les flux financiers illicites. Le 22 octobre 2026 à Yaoundé, le Comité national de coordination de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive a tenu sa deuxième session ordinaire de l’année, sous la présidence du ministre délégué auprès du ministre des Finances.
Les données présentées au cours des travaux font état d’une progression du nombre d’actions réalisées, passé de 11 à 19 sur les 24 inscrites au plan de mise en conformité. Selon les rapports de suivi transmis au GAFI, le taux de réalisation est ainsi passé de 46 % à près de 80 %. Cette évolution traduit les avancées enregistrées par les autorités, sans pour autant marquer l’achèvement du processus.
Au-delà des engagements internationaux, ces réformes visent à améliorer la traçabilité des opérations financières, à détecter les transactions suspectes et à limiter l’utilisation des circuits économiques pour dissimuler l’origine de fonds illicites.

Cinq actions pour franchir la dernière étape
Les administrations concernées sont appelées à achever les cinq actions restantes. Les autorités entendent également renforcer le contrôle et la supervision du secteur non financier, dont certaines activités et professions peuvent être exposées aux risques de blanchiment.
L’efficacité de ce dispositif repose notamment sur la capacité des organismes compétents à repérer les opérations suspectes, à assurer un suivi approprié et à coordonner leurs interventions. L’objectif est de consolider les mécanismes de prévention et de contrôle, au-delà de la seule adoption de mesures réglementaires.
Le Cameroun est placé sous surveillance renforcée du GAFI depuis 2023. Cette procédure concerne les juridictions présentant des insuffisances stratégiques dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et qui se sont engagées à les corriger dans le cadre d’un plan d’action suivi par l’organisation internationale.
La crédibilité financière en jeu
La sortie de la liste grise constitue un enjeu pour la crédibilité économique du pays. La solidité des mécanismes de prévention des flux financiers illicites contribue à la confiance des investisseurs, des partenaires financiers et des institutions internationales.
Le maintien sous surveillance renforcée peut conduire les acteurs étrangers à examiner plus attentivement les risques liés aux opérations impliquant le Cameroun. Il n’entraîne toutefois pas automatiquement une interdiction des transactions ni une exclusion du système financier international.
Les 19 actions réalisées représentent une avancée dans le processus engagé par les pouvoirs publics. Toutefois, leur nombre ne suffit pas, à lui seul, à garantir la sortie de la liste grise. Celle-ci dépend de l’évaluation du GAFI et de l’efficacité démontrée des mesures correctives.
La prochaine étape consiste donc à finaliser les engagements restants et à consolider leur application sur le terrain. Pour le Cameroun, l’enjeu est de faire de ces réformes un instrument durable de sécurisation des circuits financiers et de renforcement de la confiance dans son environnement économique.





















