À la clôture, le 10 septembre 2026, de la session ordinaire du Conseil municipal consacrée à l’évaluation de l’exécution budgétaire au 30 juin, la commune de Douala 5e a affiché une amélioration de ses performances de recouvrement. Mais avec seulement 31,80 % de recettes exécutées à mi-parcours, la collectivité reste confrontée à un déficit de ressources qui retarde certains investissements et pèse sur son fonctionnement.
Douala 5e a amélioré ses performances financières au premier semestre 2026, mais le niveau de mobilisation des ressources demeure encore éloigné des besoins de la collectivité. Présentant le bilan de l’exécution du budget au 30 juin, le maire et président du Conseil municipal, Richard Mfeungwang, a indiqué que le taux d’exécution des recettes s’était établi à 31,80 %, contre 10,80 % à la même période de l’année précédente.
La progression est également perceptible du côté des dépenses, dont le taux d’exécution est passé de 5,73 % à 8,30 % sur la même période. Pour l’exécutif communal, ces chiffres traduisent une amélioration de la dynamique budgétaire. Ils restent cependant insuffisants pour permettre à la commune de réaliser dans les délais l’ensemble des opérations programmées.
Le budget primitif de l’exercice 2026 avait été arrêté à environ 6,6 milliards de FCFA. Il a été légèrement réajusté au cours du premier semestre après l’intégration de ressources nouvelles, notamment une allocation intervenue après l’adoption du budget.
Le recouvrement progresse, mais reste inférieur au potentiel
L’évolution des montants effectivement collectés illustre les efforts entrepris par la commune. Les recettes recouvrées, qui étaient de 833,1 millions de FCFA en 2021, ont atteint 2,114 milliards de FCFA au premier semestre 2026.
Cette progression reste toutefois à relativiser. Le montant demeure inférieur aux 2,680 milliards de FCFA enregistrés en 2024, ce qui montre que la croissance des recettes municipales n’est pas encore suffisamment régulière pour garantir une trajectoire financière stable.
Le défi consiste désormais à élargir et sécuriser l’assiette fiscale et parafiscale. Richard Mfeungwang estime que la première année d’application de la nouvelle fiscalité locale avait fortement perturbé le dispositif de recouvrement.
Selon le maire, l’entrée en vigueur de la réforme avait créé une période d’incertitude chez les contribuables, certains ayant cessé de vouloir s’acquitter de certaines taxes auprès des agents communaux. La situation a progressivement évolué avec des clarifications apportées par les administrations centrales.
Le maire a notamment évoqué des communiqués conjoints du ministère de la Décentralisation et du Développement local et du ministère des Finances, qui ont permis aux collectivités de continuer à recouvrer certaines recettes non fiscales.
De nouveaux gisements de recettes à exploiter
Douala 5e entend désormais diversifier ses sources de financement. Parmi les recettes citées par le maire figurent notamment les taxes liées aux carrières et le permis d’impact environnemental.
La commune compte également s’attaquer à un autre levier : la fiscalité foncière, que Richard Mfeungwang considère comme une ressource encore insuffisamment exploitée. L’objectif est de faire progressivement adhérer les contribuables aux différents mécanismes de prélèvement afin d’accroître les ressources propres de la collectivité.
Cette stratégie est d’autant plus importante que les ressources propres conditionnent directement la capacité d’une commune à financer ses investissements et à assurer ses charges courantes.
La DGF et les CAC au cœur des attentes
La disponibilité des transferts financiers constitue cependant l’un des principaux points de tension. Richard Mfeungwang a indiqué que Douala 5e attendait toujours la Dotation générale de fonctionnement (DGF) ainsi que certains reversements au titre des exercices antérieurs.
Le maire a notamment évoqué un reliquat de 50 millions de FCFA de l’exercice précédent, ainsi que la DGF attendue pour l’exercice en cours. Il a également signalé que la commune n’avait pas encore reçu le quatrième trimestre des centimes additionnels communaux de l’exercice précédent, ni les premier et deuxième trimestres de l’exercice 2026.
Pour l’exécutif communal, l’enjeu est concret : la DGF est principalement destinée au fonctionnement. Son indisponibilité oblige donc la commune à arbitrer entre ses dépenses courantes et ses capacités d’investissement.
« Les conséquences sont ce que vous avez vu en plein Conseil », a expliqué le maire, soulignant que cette situation empêche la commune d’atteindre certains objectifs parce que les ressources disponibles doivent couvrir à la fois le fonctionnement et les investissements.
Près de 2 milliards de restes à payer réglés
Dans le même temps, la commune a poursuivi l’apurement de ses engagements antérieurs. Selon le bilan présenté au Conseil municipal, 1,977 milliard de FCFA de restes à payer arrêtés au 31 décembre 2025 ont été réglés au 30 juin 2026.
Cet effort d’apurement constitue une contrainte supplémentaire sur la trésorerie disponible, mais il permet aussi de réduire les engagements accumulés et de restaurer progressivement une capacité financière plus saine.
Les commissions du Conseil municipal ont d’ailleurs relevé que les difficultés de financement avaient des répercussions sur plusieurs secteurs : travaux publics, environnement, éducation, santé et fonctionnement des services municipaux.
Le préfet mise sur la coopération fiscale
Le préfet du Wouri, Mvogo Sylvac Marie, a reconnu les difficultés engendrées par la mise en œuvre de la nouvelle fiscalité locale, tout en considérant que la situation évoluait dans une direction plus favorable.
Il a salué le travail accompli par l’exécutif communal et les conseillers municipaux, avant d’insister sur la nécessité de maintenir la collaboration entre les services d’assiette et de recouvrement de la commune et les services fiscaux de l’État.
Pour le représentant de l’État, cette coopération doit permettre à Douala 5e de consolider ses performances économiques et de disposer des ressources nécessaires à la réalisation de son programme.
Le préfet a également réaffirmé son accompagnement de la commune, tout en rappelant que celui-ci devait s’inscrire dans le respect des lois et règlements de la République. Il a finalement qualifié Douala 5e de « bon élève », appelant à faire de cette dynamique un modèle pour les autres collectivités du département.
Le second semestre comme test
Pour Richard Mfeungwang, le bilan du premier semestre constitue moins un aboutissement qu’un point d’appui. Avec davantage d’efforts et d’accompagnement, le maire estime pouvoir atteindre les objectifs qui n’avaient pas été réalisés l’année précédente, alors que la fiscalité locale entrait tout juste dans sa phase d’application.
L’équation financière de Douala 5e reste néanmoins exigeante : accroître les recettes propres, sécuriser les transferts attendus, apurer les engagements antérieurs et dégager suffisamment de marges pour financer les investissements.
Le second semestre 2026 sera donc déterminant. La progression du taux de recouvrement devra désormais se traduire par une augmentation des ressources effectivement disponibles, condition nécessaire pour accélérer les projets et améliorer durablement la capacité d’action de la commune.



















