Réunis à Douala le 15 octobre 2026, les acteurs de l’éducation et du numérique ont mis l’accent sur la formation des enseignants, l’innovation pédagogique et la nécessité d’une charte pour mieux structurer l’éducation numérique au Cameroun et en Afrique francophone.
Le numérique peut-il contribuer à résoudre les difficultés structurelles des systèmes éducatifs africains ? C’est autour de cette question que s’est tenue, le 15 octobre 2026 à l’hôtel Krystal de Douala, la première édition du Salon de l’Éducation Numérique (SENUM). Organisée par ANN Académie – Digital Learning, sous la promotion d’Artride Nguegoua, cette rencontre a rassemblé des acteurs de l’éducation, de la formation et des technologies autour des possibilités offertes par les solutions numériques.
Placée sous le thème « L’éducation numérique comme réponse structurelle aux défis éducatifs de l’Afrique », l’initiative ambitionne de rapprocher les institutions éducatives, les enseignants, les entreprises technologiques et les porteurs de solutions EdTech. L’objectif est de favoriser l’émergence de réponses adaptées aux besoins des établissements et aux réalités des apprenants.
Pour Artride Nguegoua, l’enjeu ne consiste pas simplement à introduire des outils technologiques dans les salles de classe. La pédagogie doit rester au cœur de la démarche afin que le numérique apporte une réelle valeur aux apprentissages. Autrement dit, la transformation attendue repose autant sur les méthodes d’enseignement que sur la disponibilité des équipements et des plateformes.
Former les enseignants pour améliorer les apprentissages
La formation des enseignants et des formateurs a constitué l’un des axes majeurs des échanges. L’intégration du numérique dans l’éducation exige en effet des compétences permettant d’exploiter efficacement les outils, de concevoir des contenus adaptés et d’accompagner les apprenants dans l’acquisition des connaissances.
Le programme a notamment prévu une conférence sur l’état des lieux du numérique éducatif au Cameroun et en Afrique francophone, suivie d’une session consacrée aux urgences et aux stratégies de formation des enseignants. Des ateliers ont également permis de présenter des solutions telles qu’Educa+, EduAir Box et Dastudy.
Ces démonstrations illustrent la volonté de valoriser les innovations EdTech développées sur le continent. Toutefois, leur adoption à grande échelle dépendra de leur adéquation avec les besoins des établissements, des compétences des utilisateurs et des conditions concrètes d’accès aux ressources numériques.
Vers une charte de l’éducation numérique
Au-delà des conférences et des présentations de solutions, le SENUM a ouvert la réflexion sur la coordination des acteurs du secteur. La mise en place d’un groupe de travail chargé de préparer une charte de l’éducation numérique figure parmi les pistes annoncées au programme de cette première édition.
Cette démarche vise à favoriser une meilleure concertation entre les institutions publiques, les professionnels de l’éducation et les entreprises technologiques, afin de clarifier les rôles et de promouvoir des pratiques cohérentes.
L’ambition affichée est également de renforcer les partenariats entre acteurs publics et privés et de donner davantage de visibilité aux solutions africaines. Pour que cette dynamique produise des résultats durables, les échanges devront toutefois se traduire par des engagements concrets, des dispositifs de formation accessibles et des solutions adaptées aux contraintes des systèmes éducatifs.
Avec cette première édition, le SENUM entend ainsi contribuer à structurer le débat sur l’avenir de l’éducation numérique au Cameroun et dans l’espace francophone africain. Le défi reste désormais de faire passer les initiatives présentées du stade de l’innovation à celui d’une amélioration mesurable des conditions d’enseignement et d’apprentissage.





















