Ancien importateur, Falocam a opéré un virage stratégique vers la production locale de crèmes glacées, en mobilisant le savoir-faire et la main-d’œuvre camerounaise. À travers cette démarche d’import-substitution, l’entreprise entend réduire la dépendance aux produits étrangers, valoriser les compétences nationales et renforcer son positionnement sur le marché camerounais, avec une ambition de conquête sous-régionale.
De l’importation à la production locale, Falocam a changé de modèle pour s’inscrire dans la dynamique de l’import-substitution sur le marché camerounais des crèmes glacées. Dirigée par Momar Kane, l’entreprise agroalimentaire mise désormais sur la fabrication nationale pour répondre à la demande intérieure, réduire la dépendance aux produits étrangers et valoriser la main-d’œuvre camerounaise. Cette évolution s’accompagne d’une progression des effectifs, passés de 4 à 200 emplois directs, selon les données communiquées par l’entreprise.
Selon son promoteur, cette orientation est née d’un constat : l’absence de producteurs industriels locaux capables de proposer des crèmes glacées répondant aux standards internationaux. Après avoir commercialisé des produits importés, Falocam a fait le choix de produire au Cameroun, en s’appuyant sur un savoir-faire et un processus de fabrication locaux. Une trajectoire qui associe développement industriel, création d’emplois et ambition de conquérir les marchés national et sous-régional.
Ce repositionnement s’inscrit dans une logique de substitution aux importations : produire sur le territoire national des biens auparavant achetés à l’étranger. Pour l’entreprise, l’enjeu est de développer une activité industrielle locale tout en consolidant ses débouchés commerciaux. « Le savoir-faire, la production, le process, c’est Made in Cameroun », affirme Momar Kane. Cette orientation valorise les compétences mobilisées dans le processus de fabrication et souligne le rôle de la main-d’œuvre nationale dans le développement de l’activité.

La valeur ajoutée locale, un enjeu à mesurer
La production au Cameroun constitue une composante importante du positionnement de Falocam, mais son impact économique dépend également de la structure de ses approvisionnements. Le promoteur mentionne notamment la poudre de cacao et le sucre parmi les matières premières utilisées, sans en préciser l’origine.
La part des intrants achetés auprès de fournisseurs camerounais, les volumes fabriqués localement, les emplois mobilisés et la valeur des importations effectivement remplacées permettraient de mieux apprécier la contribution de l’entreprise à l’économie nationale. Ces indicateurs sont essentiels pour distinguer la localisation de la fabrication du niveau réel d’intégration de la chaîne de valeur locale.
Falocam affirme distribuer ses produits dans les dix régions du pays et précise avoir étendu sa présence dans le Nord-Ouest depuis le début de 2026. Cette couverture territoriale offre à l’entreprise un débouché national, mais suppose également de maîtriser les coûts logistiques et les conditions de conservation nécessaires à la commercialisation des crèmes glacées.
Qualité et positionnement commercial
Au-delà de la production, l’entreprise met en avant le respect des normes internationales et le bien-être des consommateurs. Sa participation comme sponsor Gold au SABAFRI s’inscrit, selon Momar Kane, dans cette volonté d’affirmer ses engagements envers les consommateurs et les différentes parties prenantes de son activité.
Dans un marché où la compétitivité dépend à la fois de la qualité, du prix et de la capacité à assurer une distribution régulière, cette stratégie constitue un axe de différenciation. Le respect des normes internationales est toutefois une exigence qui doit pouvoir être étayée par des éléments de conformité vérifiables.
Pour Falocam, le défi consiste désormais à consolider son modèle de production, à maintenir la qualité de ses produits et à renforcer sa présence commerciale. Son évolution, de l’importation vers la fabrication locale, illustre une possibilité de développement industriel dans l’agroalimentaire camerounais. L’ampleur de ses retombées économiques reste néanmoins à apprécier à partir de données chiffrées sur la production, l’emploi et les approvisionnements locaux.


















