Le Kempinski Shekinah Palace entre dans sa phase opérationnelle. La première pierre du complexe a été posée ce vendredi à Bonanjo, en présence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, représentant personnel du président de la République.
Porté par All Luxury Suites Group (ALS Group), le projet représente une valeur globale annoncée de 220 milliards de FCFA, avantages fiscaux et douaniers compris. Le coût à financer par les investisseurs est évalué à 207,62 milliards de FCFA. Ce niveau d’investissement place le projet parmi les opérations privées majeures du secteur touristique actuellement engagées au Cameroun.
Un montage financier à surveiller
Selon le dossier du projet, le financement repose notamment sur une dette senior de 92,30 milliards de FCFA, des apports d’investisseurs, les fonds propres du promoteur et les recettes attendues de la commercialisation des appartements. La dette représente environ 44,5 % du coût à financer. La BDEAC a déjà approuvé un prêt de 30 milliards de FCFA en décembre 2024.
Le projet devra désormais franchir l’étape déterminante de l’exécution financière et opérationnelle. Les travaux sont annoncés sur 36 mois, dont 31 mois de construction et cinq mois d’équipement.
Plus qu’un hôtel
Le programme immobilier donne la mesure de l’ambition économique. Le complexe doit réunir 214 chambres et suites, 35 appartements hôteliers, environ 17 000 m² de bureaux, une salle polyvalente de 2 000 places et différents espaces commerciaux et de services.
Cette configuration vise à créer un écosystème dans lequel hôtellerie, immobilier d’affaires, événementiel et services se renforcent mutuellement.
C’est précisément sur cet effet d’entraînement que le Premier ministre a insisté. Dans son discours, Joseph Dion Ngute a défendu une vision du tourisme comme chaîne de valeur, susceptible de créer des débouchés pour l’agriculture, l’agroalimentaire, l’artisanat, les industries culturelles, les transports et les entreprises de services.

L’emploi comme indicateur de performance
Les projections avancées par les promoteurs annoncent près de 3 000 emplois pendant la construction, puis environ 4 000 emplois directs et indirects en phase d’exploitation. Le gouvernement veut également que l’investissement bénéficie aux entreprises camerounaises.
Joseph Dion Ngute a appelé à la mobilisation du tissu local, notamment à travers la sous-traitance et l’utilisation de matériaux et produits locaux. La création annoncée d’une école internationale des métiers du tourisme et de l’hôtellerie, en partenariat avec Kempinski, constitue à cet égard un autre volet stratégique du projet.
L’État attendu sur les infrastructures
Le discours du Premier ministre a également mis en lumière une condition essentielle à la rentabilité économique d’un investissement de cette taille : son environnement. Le gouvernement s’est engagé à faciliter, dans le respect de la réglementation, les procédures relevant de sa compétence et à porter une attention particulière aux infrastructures d’accompagnement : assainissement, accès routier, eau, énergie et connectivité numérique.
Cette articulation entre investissement privé et infrastructures publiques constitue l’un des enjeux majeurs de la prochaine phase. Car les 220 milliards de FCFA annoncés ne se résument pas à la construction d’un hôtel. Ils représentent un pari sur la capacité de Douala à attirer davantage de voyageurs d’affaires, de conférences, d’entreprises et de capitaux.
Le défi économique est désormais de transformer cette masse d’investissement en activité durable : emplois locaux, commandes aux entreprises camerounaises, formation, recettes, fréquentation touristique et développement de nouveaux services.
Le Kempinski Shekinah Palace entre ainsi dans une phase où les indicateurs seront moins architecturaux que financiers et économiques : coût final, respect du calendrier, mobilisation effective des financements, taux d’intégration locale et capacité du complexe à générer durablement de l’activité.
Billy Kolla




















