Réunis le 10 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala, plus de 150 participants au Cocktail dînatoire des Entrepreneurs ont mis en débat les difficultés d’accès aux marchés et les perspectives commerciales de la sous-région. À l’initiative de Yaël Motazé, Vision Entrepreneuriat Cameroun entend faciliter les mises en relation entre PME, distributeurs et partenaires d’affaires.
Le marché existe, mais les entreprises camerounaises peinent encore à en exploiter tout le potentiel. C’est l’un des constats ressortis de la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs, organisée à Douala autour du thème « Bâtir la confiance, accélérer l’investissement ». Pour les petites et moyennes entreprises (PME), l’enjeu dépasse la création d’activités. Il s’agit de trouver des débouchés, d’accéder aux financements et de nouer des partenariats commerciaux capables de soutenir leur croissance.
Promotrice de Vision Entrepreneuriat Cameroun (VECAM), Yaël Motazé veut répondre à ces difficultés en rapprochant les entrepreneurs des acteurs susceptibles de faciliter leur développement. Trois mécanismes ont été présentés : Passerelle VECAM, consacré à l’orientation et à la structuration des entreprises ; Business Match, destiné aux rencontres d’affaires ciblées ; et le Mur des opportunités, qui permet aux participants d’exprimer leurs besoins et leurs offres. VECAM a également sollicité MRS Corporation pour faciliter l’accès des PME aux réseaux de distribution.
Un marché régional encore peu exploité
La question des débouchés a pris une dimension sous-régionale avec l’intervention de Pierre-Guillaume BOUM BISSAI, représentant résident de la Commission de la CEMAC au Cameroun. Selon les chiffres qu’il a présentés, les échanges commerciaux entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ne représentent qu’environ 3,5 % à 5 % du commerce total.
Pour les entreprises camerounaises, l’accès aux marchés voisins constitue une possibilité d’élargissement de leur clientèle. Mais cette ambition suppose de renforcer la structuration des activités, de développer la transformation locale et de mieux maîtriser les conditions d’accès aux marchés communautaires.
Les échanges informels témoignent déjà de l’existence de flux commerciaux transfrontaliers. En 2024, le Cameroun a enregistré un excédent d’environ 37,13 milliards de FCFA dans ses échanges informels avec le Tchad, selon les données du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. La formalisation de ces activités constitue l’un des enjeux de l’intégration économique régionale.
Représentant le gouverneur de la région du Littoral, Nicole Ebune, cheffe de la Division du Développement régional, a pour sa part souligné la nécessité de rapprocher l’administration des entrepreneurs afin de mieux répondre aux besoins des entreprises et de favoriser l’investissement.
Au terme des échanges, la question reste celle des retombées concrètes. Pour les PME, la réussite de telles initiatives se mesurera à leur capacité à décrocher des contrats, à intégrer de nouveaux circuits de distribution et à accéder à des marchés au-delà des frontières camerounaises. C’est à cette condition que le réseautage pourra devenir un véritable levier de croissance économique.


















