À Dibamba, dans la localité de Missolè 1, le projet de Zone de développement des activités portuaires industrielles (ZAIP) commence à changer d’échelle. Sur le terrain, le Premier ministre Joseph Dion Ngute est venu constater l’avancement d’un chantier appelé à renforcer l’écosystème industriel et logistique adossé au Port de Douala-Bonabéri.
Le chef du gouvernement, représentant personnel du président de la République, a effectué cette visite aux côtés de Cyrus Ngo’o, directeur général de l’Autorité portuaire de Douala, du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhé, et du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha.
Un projet pensé depuis 2011
La ZAIP ne constitue pas une initiative improvisée. Sa vision remonte à 2011, avant une accélération concrète avec la pose de la première pierre en juillet 2025. Le calendrier affiché prévoit une première phase opérationnelle au troisième trimestre 2027, avec l’ambition d’accueillir les premières productions industrielles.
L’enjeu dépasse la seule implantation d’entreprises. Le projet vise à rapprocher les activités industrielles des infrastructures portuaires et logistiques, afin de réduire les ruptures dans la chaîne de transport et de faciliter l’acheminement des marchandises.

500 poids lourds potentiellement sortis de Douala
C’est l’un des points stratégiques du dispositif. Une connexion de 2,5 kilomètres doit relier le réseau routier à la rivière Dibamba. Ce corridor logistique est notamment présenté comme un moyen de réduire la circulation des poids lourds dans Douala.
À terme, environ 500 camions pourraient ainsi être maintenus hors des principaux axes urbains de la capitale économique. Pour une métropole confrontée à une forte pression sur ses infrastructures de transport, l’enjeu est autant industriel que logistique.
La concentration des activités dans la ZAIP doit également permettre de mutualiser certaines infrastructures et de favoriser des économies d’échelle.
230 milliards de FCFA et 15 000 emplois annoncés
Le projet représente un investissement prévisionnel de 230 milliards de FCFA, avec un objectif d’environ 15 000 emplois directs à terme.
Ces chiffres placent la ZAIP parmi les projets appelés à contribuer à la transformation du tissu productif autour de Douala. L’objectif affiché est de faire évoluer progressivement l’environnement portuaire d’une logique de transit vers un écosystème intégrant davantage de transformation et de production industrielle.
Un enjeu pour la compétitivité régionale
Pour le Cameroun, l’enjeu est également sous-régional. Le Port de Douala-Bonabéri constitue une porte d’entrée majeure pour les échanges du pays et pour les flux à destination de plusieurs marchés d’Afrique centrale.
En rapprochant port, logistique et industrie, la ZAIP pourrait renforcer cette fonction de plateforme régionale, à condition que les infrastructures annoncées soient livrées dans les délais et que les connexions routières et fluviales atteignent les performances attendues.
À Dibamba, le pari est donc désormais celui de l’exécution. Après la vision et la pose de la première pierre, le projet entre dans une phase où les infrastructures devront traduire les ambitions industrielles annoncées en capacités concrètes de production, de transport et d’emploi. De la route à la rivière, du port à l’usine : à Dibamba, le Cameroun cherche à construire un nouveau maillon de sa chaîne industrielle et logistique.


















