Du 11 au 15 novembre 2026 à Douala, le CAMEROON AUTO-EXPO entend créer des opportunités d’affaires dans la filière automobile, en mettant l’accent sur le financement, l’accessibilité des véhicules et la modernisation des services de transport. Plus de 30 000 visiteurs sont attendus pour cette première édition.
Le secteur automobile camerounais cherche de nouveaux leviers de développement. C’est dans cette perspective que MARABOO AGENCE organise la première édition du CAMEROON AUTO-EXPO, du 11 au 15 novembre 2026 au stade Camtel de Bépanda, à Douala. Présenté le jeudi 15 octobre à l’hôtel Krystal Palace, l’événement est placé sous le patronage du ministère des Transports, en partenariat avec la mairie de Douala 5e.
Au-delà de l’exposition de véhicules, les organisateurs veulent réunir concessionnaires, importateurs, banques, assureurs et professionnels du transport autour d’un enjeu économique majeur : faciliter l’accès aux véhicules et développer les services associés. Le financement, les nouvelles solutions de mobilité et les partenariats commerciaux figurent ainsi parmi les axes annoncés.
Financement automobile : un levier pour élargir le marché
Selon les données douanières rapportées par Bougna.net le 3 février 2026, sur la base d’une analyse de Pakazure, le Cameroun a importé 39 033 véhicules de tourisme entre janvier et octobre 2025, pour une valeur estimée à 119,34 milliards de FCFA. La valeur moyenne déclarée à l’importation s’élevait à environ 3,05 millions de FCFA par véhicule, les voitures d’occasion représentant la majorité des volumes. Cette valeur moyenne à l’importation ne correspond toutefois pas au prix de vente final, qui intègre d’autres coûts et marges.
Ces chiffres donnent une indication de l’importance du marché, mais l’accès au véhicule demeure lié au pouvoir d’achat et aux possibilités de financement. Achille Assako, vice-président du CAMEROON AUTO-EXPO, souhaite donc faire du Salon un espace de rapprochement entre les professionnels de l’automobile et les établissements financiers.
Pour illustrer le potentiel du crédit, il évoque l’exemple d’un véhicule de 27 millions de FCFA qui pourrait être acquis avec un apport initial de 3 millions, le solde étant remboursé par échéances. Il s’agit d’un exemple destiné à illustrer les possibilités de financement, et non de la présentation d’une offre de crédit déjà disponible. Sa mise en œuvre dépendrait des conditions proposées par les banques, des garanties demandées et de la solvabilité des emprunteurs.
L’enjeu concerne aussi les transporteurs, notamment les chauffeurs de taxi, pour lesquels le véhicule constitue un outil de travail et une source de revenus. Achille Assako estime que cette catégorie professionnelle doit pouvoir bénéficier de solutions accessibles et adaptées à l’évolution des usages. « Un chauffeur de taxi aujourd’hui, c’est quelqu’un qui vit à l’ère des réseaux sociaux. Un chauffeur de taxi aujourd’hui, c’est quelqu’un qui vit avec Internet », souligne-t-il.
Le vice-président du Salon défend ainsi une approche qui associe financement, digitalisation et renouvellement des moyens de transport. Les véhicules électriques, les solutions numériques et les modèles moins coûteux doivent notamment être présentés aux visiteurs. L’objectif est d’élargir les possibilités de modernisation sans faire du prix d’achat un obstacle systématique, tout en permettant aux professionnels de s’informer sur les évolutions du transport par taxi, du VTC et du transport en commun.
Le coût d’acquisition reste également influencé par la fiscalité et les charges d’importation. Selon le ministère des Finances, la loi de finances 2026 prévoit des mesures fiscales applicables aux véhicules importés. Ces prélèvements, ajoutés aux autres coûts de la chaîne commerciale, participent à la formation du prix final.
Une plateforme pour structurer les opportunités d’affaires
Pour Yolande Bodiong, promotrice du Cameroon Auto-Expo 2026, la rencontre doit faciliter les échanges entre entreprises et institutions, favoriser les collaborations et mettre en relation les différents maillons de la filière. Le Salon vise notamment les concessionnaires, importateurs, entreprises de transport et de logistique, banques, assureurs, fournisseurs de pièces détachées, établissements de formation et start-up.
Le dispositif annoncé comprend des espaces d’exposition sur 5 000 m², des conférences, des masterclass et des rencontres d’affaires. Plus de 30 000 visiteurs sont attendus sur les cinq jours, avec une ouverture officielle prévue le 11 novembre en présence du ministre des Transports et d’autres autorités.
Pour les entreprises, l’intérêt économique de ce rendez-vous dépendra de sa capacité à générer des contacts commerciaux, à faire émerger des partenariats et à rapprocher l’offre de véhicules des besoins réels du marché. Pour les banques et les assureurs, il peut également constituer une occasion d’échanger avec des clients potentiels et d’explorer les besoins de financement et de couverture des professionnels du transport.
En mettant l’accent sur le financement et la modernisation, le CAMEROON AUTO-EXPO veut ainsi dépasser la simple vitrine commerciale. Reste à savoir si les échanges annoncés déboucheront sur des solutions concrètes et financièrement accessibles, capables de soutenir l’activité des transporteurs et le développement de la filière automobile au Cameroun et en Afrique centrale.
Billy Kolla


















