À la 12ᵉ session du Cameroon Business Forum (CBF), tenue le 22 octobre 2026 à Douala, le ministre Achille Bassilekin III a présenté les réformes engagées en faveur des petites et moyennes entreprises. L’enjeu est désormais de transformer ces acquis en capacités productives et commerciales pour permettre aux entreprises camerounaises de tirer profit de l’intégration économique africaine.
Le marché africain représente un potentiel de croissance pour les entreprises camerounaises, à condition qu’elles puissent répondre aux exigences de qualité, de volume et de compétitivité. C’est l’un des enjeux soulevés par Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), lors d’un atelier consacré à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à la transformation productive, organisé dans le cadre de la 12ᵉ session du Cameroon Business Forum, à Douala.
Le membre du gouvernement a dressé le bilan des réformes engagées au cours des quinze dernières années et présenté des pistes d’action pour mieux positionner les entreprises nationales sur le marché continental. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’ouverture des économies africaines offre de nouvelles perspectives commerciales, mais impose également aux producteurs locaux de consolider leur offre et leur capacité à satisfaire la demande.
Des réformes pour soutenir le développement des PME
Parmi les avancées mises en avant par le MINPMEESA figurent l’amélioration de l’accès des PME au foncier, le renforcement de leur intégration dans les chaînes de valeur locales et la mise en place de dispositifs interministériels en faveur des femmes et des jeunes entrepreneurs. La promotion des start-up à travers un label assorti d’avantages ainsi que le développement d’incubateurs spécialisés complètent les mesures présentées.
Ces dispositifs visent à faciliter l’installation des entreprises, à soutenir les initiatives entrepreneuriales et à améliorer leur accompagnement. L’accès au foncier peut favoriser la création ou l’extension des unités de production, tandis que l’intégration dans les chaînes de valeur locales peut renforcer les relations entre producteurs, transformateurs et autres acteurs économiques.
Toutefois, l’efficacité de ces mécanismes se mesurera à leur capacité à favoriser l’émergence d’entreprises viables, à soutenir leur croissance et à accroître leur contribution à la production nationale. L’enjeu dépasse donc la création d’entreprises : il s’agit de consolider un tissu de PME capables de produire régulièrement, de valoriser les ressources locales et de développer une offre adaptée aux débouchés commerciaux.
La ZLECAf, un marché à conquérir par la qualité et la compétitivité
L’intégration commerciale africaine ouvre des perspectives d’expansion pour les entreprises camerounaises. Mais l’accès à ce marché ne garantit pas automatiquement des débouchés. Les PME doivent pouvoir proposer des biens et services à des prix compétitifs, maintenir une qualité constante et respecter les normes applicables dans les pays ciblés.
La transformation productive apparaît ainsi comme une condition essentielle pour convertir les possibilités offertes par la ZLECAf en échanges commerciaux effectifs. Elle suppose une amélioration de l’offre locale, une meilleure insertion des entreprises dans les chaînes de valeur et une capacité accrue à répondre aux besoins des acheteurs. Pour les acteurs économiques, l’objectif est de passer d’un marché potentiel à des contrats, des ventes et des débouchés durables.
Cette ambition rejoint les objectifs de renforcement de la base industrielle et commerciale du Cameroun. La progression du « Made in Cameroon » sur les marchés africains dépendra notamment de la capacité des entreprises à transformer leurs savoir-faire en produits répondant aux attentes des consommateurs et aux contraintes des échanges régionaux.
Les discussions de Douala s’inscrivent dans la réflexion sur les réformes nécessaires pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique. Les ministres Achille Bassilekin III, Henri Eyebe Ayissi et Louis Paul Motazé ont pris part aux échanges, à la suite de la plénière d’ouverture présidée par le Premier ministre.
Pour les PME camerounaises, le principal défi consiste désormais à consolider les acquis, à améliorer leur organisation productive et à conquérir des débouchés au-delà du marché national. La réussite de cette ambition dépendra de leur capacité à transformer les réformes d’accompagnement en performances économiques mesurables, notamment en matière de production, d’exportation et de création d’emplois.



















