À Bipindi, le Secteur des Douanes du Sud II veut accompagner la montée en puissance du projet de fer de Grand Zambi, appelé à connecter l’exploitation minière du Sud aux grands corridors logistiques du Cameroun et de l’Afrique centrale.
Le fer de Grand Zambi entre dans une nouvelle phase de structuration. Samedi 19 septembre 2026, Armelle Assengue, Chef du Secteur des Douanes du Sud II, s’est rendue sur le site minier exploité par G-Stones Resources S.A., filiale du groupe camerounais Bocom, dirigé par Dieudonné Bougne.
Situé dans l’arrière-pays de la région du Sud, entre Bipindi et Akom II, le gisement constitue l’un des projets appelés à soutenir la diversification de l’économie camerounaise. La visite avait pour objectif de rapprocher l’administration douanière de l’opérateur minier, alors que les flux d’équipements, de matières premières et, à terme, de minerai destiné à l’exportation sont appelés à prendre de l’ampleur.
Un gisement de 150 millions de tonnes
Grand Zambi abrite environ 150 millions de tonnes de minerai de fer, avec une teneur initiale comprise entre 25% et 29,45%. Sur le site, une unité industrielle de concassage, broyage et enrichissement doit permettre de porter la teneur du minerai à environ 65%, avant sa commercialisation.
Le projet ambitionne une production annuelle comprise entre 1,3 et 2 millions de tonnes de concentré de fer. Une partie de cette production est destinée à l’exportation, tandis que la stratégie prévoit également une transformation locale accrue.
Cette orientation s’inscrit dans la volonté du Cameroun de ne plus limiter ses projets miniers à l’extraction du minerai, mais d’accroître progressivement la valeur ajoutée produite sur le territoire.
De Grand Zambi au port de Kribi
L’enjeu dépasse ainsi le périmètre de la mine. Les infrastructures de stockage et les voies d’évacuation envisagées doivent connecter Grand Zambi aux principaux pôles logistiques du pays, notamment le port de Kribi.
Cette connexion est stratégique pour un projet dont la montée en production pourrait accroître les flux de marchandises dans le Sud et renforcer la place du Cameroun dans les chaînes régionales d’approvisionnement en produits sidérurgiques.
G-Stones Resources dispose par ailleurs d’un permis d’exploitation exclusif couvrant 47 km² pour une durée initiale de 14 ans.
La Douane veut accompagner plutôt que ralentir
Pour le Secteur des Douanes du Sud II, la visite devait surtout permettre de comprendre les circuits d’approvisionnement, de production, de stockage et d’évacuation du minerai, mais également d’identifier les difficultés susceptibles d’affecter les formalités douanières.
Après avoir parcouru les différentes installations, Armelle Assengue a insisté sur la nécessité d’adapter le contrôle douanier aux réalités d’un projet industriel de cette dimension. « Notre présence ici à Grand Zambi obéit à une double exigence : le contrôle de conformité et l’accompagnement des opérateurs économiques majeurs. » Selon elle, la connaissance précise du circuit de production doit permettre à l’administration de mettre en place des mécanismes de contrôle « rigoureux et non intrusifs ».
La responsable des Douanes du Sud II entend également inscrire cette relation dans la durée. « Les formalités douanières ne doivent pas être un frein, mais un levier de performance pour l’entreprise », a-t-elle déclaré, annonçant une collaboration destinée à faciliter notamment l’importation des équipements technologiques et, à terme, l’exportation du fer camerounais.
Une première brique vers la transformation locale
G-Stones Resources ne mise pas uniquement sur l’extraction. L’entreprise a également lancé la construction d’un complexe sidérurgique à Fifinda, à proximité de la mine, avec une capacité annoncée de 300 000 tonnes par an.
L’objectif est de transformer localement une partie du minerai en produits finis, notamment en fers à béton et structures métalliques, pour alimenter le marché camerounais et, plus largement, la demande sous-régionale.
Avec Grand Zambi, Fifinda et la perspective d’une évacuation vers Kribi, le projet dessine ainsi une chaîne intégrée allant de l’extraction à la transformation, avec la Douane appelée à jouer un rôle central dans la sécurisation et la fluidification des flux.
Pour l’administration comme pour l’opérateur, la visite du 19 septembre marque donc moins une simple opération de terrain qu’une étape dans la mise en place d’un partenariat Douane-Entreprise adapté à l’émergence d’un nouveau pôle minier et métallurgique dans le Sud du Cameroun.





















