Le groupe pétrolier entend faciliter l’accès des jeunes entrepreneurs aux circuits de distribution en mettant à leur disposition des espaces commerciaux dans ses stations-service. À Douala, le 10 octobre 2026, son directeur général, Amédée Assomo, a également réaffirmé son engagement en faveur de l’emploi local et de l’accompagnement des entreprises camerounaises.
L’accès au marché demeure l’un des principaux défis des petites entreprises camerounaises. Disposer d’un produit de qualité ne garantit ni sa visibilité auprès des consommateurs ni sa commercialisation à grande échelle. C’est à cette difficulté que MRS Corlay Cameroun entend apporter une réponse, en ouvrant progressivement son réseau de stations-service aux très petites entreprises (TPE) qui valorisent les produits locaux.
Lors de la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs, organisée le 10 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala, le directeur général de MRS Corlay Cameroun, Amédée Assomo, a présenté cette démarche comme un prolongement de la stratégie de développement de l’entreprise et de son engagement en faveur de l’entrepreneuriat national.
« Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas accompagner les jeunes entrepreneurs camerounais à faire le premier pas ? », a-t-il expliqué devant les participants à cette rencontre placée sous le signe du réseautage, de la confiance et de l’accélération de l’investissement.
Cette volonté d’accompagnement s’inscrit dans la trajectoire d’un groupe d’origine nigériane, fondé par Sayo Dantata. Selon Amédée Assomo, MRS s’est développé progressivement au Nigeria, où il emploie aujourd’hui plus de 2 500 personnes. Présent dans sept pays, principalement en Afrique de l’Ouest, et également implanté en Europe, le groupe entend s’appuyer sur son expérience pour contribuer au développement d’autres entreprises africaines.
« C’est la vision du CEO de MRS […] de faire en sorte que les jeunes entreprises africaines deviennent aussi des entreprises qui gagnent et qui évoluent, comme son groupe a évolué », a expliqué le directeur général. Pour lui, l’entrepreneuriat local doit pouvoir bénéficier d’opportunités concrètes pour franchir les premières étapes de croissance.
Un réseau de stations-service comme levier commercial
Pour Amédée Assomo, le soutien aux entrepreneurs repose d’abord sur une réalité économique : les investissements nécessaires pour accéder à certains marchés peuvent constituer une barrière importante pour les jeunes entreprises. Dans la distribution pétrolière, il estime qu’il faut compter environ 500 millions de FCFA pour construire une station-service et disposer des infrastructures nécessaires.
Un tel montant reste hors de portée de nombreux entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans ce secteur. MRS a donc choisi une autre approche : permettre à certains opérateurs de démarrer leur activité en exploitant des stations existantes, plutôt que de supporter immédiatement le coût de nouvelles infrastructures.
Le dirigeant indique que cette initiative a déjà permis de mettre une vingtaine de stations à la disposition de jeunes entrepreneurs. Selon lui, ceux-ci peuvent ainsi accéder à une première activité dans la distribution pétrolière avec des moyens nettement moins importants, de l’ordre de 50 à 60 millions de FCFA dans les cas évoqués.
Cette démarche vise à faciliter l’accès à des infrastructures déjà disponibles. Elle peut permettre à de nouveaux opérateurs de se lancer sans avoir à financer seuls la construction d’une station. Les modalités exactes de mise à disposition restent toutefois déterminantes pour apprécier les conditions d’exploitation et les risques supportés par les entrepreneurs concernés.
Le Made in Cameroon dans les boutiques des stations
Au-delà de la distribution pétrolière, MRS entend également utiliser son réseau comme un canal de commercialisation pour les produits fabriqués au Cameroun.
Amédée Assomo a annoncé que l’entreprise souhaite ouvrir ses espaces commerciaux aux TPE qui proposent des produits locaux. L’initiative doit notamment concerner les boutiques et autres espaces de vente aménagés dans les stations-service. « Nous nous engageons à ouvrir ce réseau-là aux TPE qui font du Made in Cameroon », a déclaré le directeur général.
L’ambition est de permettre aux petites entreprises de présenter leurs produits dans des lieux fréquentés par les automobilistes et les autres usagers des stations. Pour les producteurs locaux, une telle présence pourrait contribuer à améliorer la visibilité de leurs marques, à rapprocher leurs produits des consommateurs et à élargir leurs débouchés commerciaux.
MRS entend ainsi dépasser son activité traditionnelle pour jouer un rôle de relais entre les producteurs et le marché. Cette ouverture pourrait être particulièrement utile aux petites entreprises qui disposent d’une capacité de production, mais peinent à accéder à des points de vente fréquentés.
Cette perspective soulève toutefois un enjeu essentiel pour les entreprises bénéficiaires : transformer l’accès aux points de vente en ventes régulières. Les conditions de référencement des produits, les volumes commercialisés, les prix et la continuité des approvisionnements seront déterminants pour mesurer l’impact réel du dispositif.
Un réseau appelé à s’élargir d’ici à fin 2027
Pour soutenir cette stratégie, MRS mise sur la relance et l’extension de son réseau national. Amédée Assomo rappelle que l’entreprise a dû repartir d’une situation particulièrement difficile, marquée, selon ses explications, par un réseau d’environ 125 stations à l’arrêt.
« MRS est mort à un moment, et MRS naît de nouveau », a-t-il déclaré pour résumer les difficultés traversées par l’entreprise au Cameroun.
Le directeur général a également souligné le rôle d’un partenaire bancaire dans la reprise des activités et la rénovation des stations. « Moi-même, en tant que MRS, […] nous avons reçu un coup de pouce d’un partenaire bancaire pour arriver à ce que nous faisons aujourd’hui, à renouveler nos stations », a-t-il expliqué.
Depuis, la société a engagé un processus de redémarrage. Son directeur général indique que le réseau compte désormais 55 stations ouvertes, en tenant compte des partenaires accompagnés. Il a également présenté des perspectives de réouverture et de développement du réseau d’ici à la fin de 2027.
L’élargissement du réseau pourrait augmenter les possibilités de commercialisation offertes aux entreprises locales. Mais l’impact dépendra autant du nombre de stations effectivement opérationnelles que de la mise en place de conditions permettant aux TPE d’y distribuer leurs produits.
Le développement des infrastructures constitue ainsi un levier potentiel pour la distribution pétrolière, mais aussi pour les circuits de commercialisation des produits locaux.

L’emploi local au cœur de la stratégie
L’engagement de MRS ne se limite pas à la mise à disposition d’infrastructures commerciales. Amédée Assomo a également insisté sur la place accordée aux compétences camerounaises dans le fonctionnement de l’entreprise.
Le dirigeant affirme que MRS Cameroun ne compte désormais plus d’expatriés parmi son personnel, contrairement à la période antérieure, et que l’entreprise privilégie le recrutement de jeunes Camerounais. Il présente cette orientation comme un choix en faveur du développement des compétences locales et de la création de valeur dans l’économie nationale. « Nous investissons directement dans le talent local », a-t-il souligné, estimant que cette démarche relève d’une logique de codéveloppement.
Pour le groupe, l’enjeu est de contribuer à la formation d’un tissu économique plus solide, dans lequel les entreprises locales ne se limitent pas à fournir des biens ou des services, mais peuvent également accéder à des responsabilités, développer leurs activités et créer des emplois durables.
Agriculture : 3 millions de FCFA pour le projet cacaoyer de Yat Faustin Junior
L’accompagnement de MRS concerne également le secteur agricole. Lors de la deuxième édition du Cocktail dînatoire des Entrepreneurs, le groupe a accordé un financement de 3 millions de FCFA à Yat Faustin Junior, promoteur d’un projet de plantation cacaoyère modèle et durable.
Cet appui s’inscrit dans une démarche qui vise à encourager une agriculture moderne et à mieux valoriser les ressources locales. Au-delà de la production, Amédée Assomo a insisté sur l’intérêt de développer la transformation des produits issus des terres camerounaises afin d’en accroître la valeur ajoutée. « Nous accompagnons cette année un projet d’agriculture moderne […] qui transforme […] les produits de notre terre », a-t-il indiqué.
Le financement accordé à Yat Faustin Junior donne une dimension concrète à l’engagement annoncé par MRS en faveur de l’entrepreneuriat. Il témoigne d’une volonté d’accompagner des initiatives au-delà du secteur pétrolier, notamment dans l’agriculture, qui offre des possibilités de production, de transformation et de création de revenus.
Les retombées de cet appui dépendront de la mise en œuvre du projet et de sa capacité à se développer durablement. La plantation cacaoyère constitue ainsi un exemple de l’accompagnement de projets productifs par un acteur privé qui entend élargir son action en faveur des entrepreneurs locaux.
Un partenariat appelé à se poursuivre avec VECAM
La participation de MRS au Cocktail dînatoire des Entrepreneurs s’inscrit également dans une volonté de prolonger les collaborations avec Vision Entrepreneuriat Cameroun (VECAM), la structure portée par Yaël Motazé.
Pour Amédée Assomo, la rencontre du 10 octobre ne constitue pas une opération ponctuelle. Le dirigeant entend faire de cette collaboration un partenariat à long terme, afin d’identifier les besoins des entrepreneurs et de rechercher des solutions adaptées à leurs difficultés.
« Pour MRS, ce soir, ce n’est pas la finalité. C’est un point de départ », a-t-il affirmé, annonçant la volonté de poursuivre les échanges avec VECAM au-delà de l’événement.
Cette orientation pourrait favoriser une meilleure mise en relation entre les petites entreprises et les acteurs disposant de capacités d’investissement, d’infrastructures ou de débouchés commerciaux. Elle pose néanmoins la question du suivi des engagements : les entrepreneurs auront besoin de connaître les modalités d’accès au réseau, les critères de sélection et les conditions concrètes de commercialisation de leurs produits.
Pour les TPE camerounaises, l’intérêt de cette initiative se mesurera donc à la possibilité d’obtenir des débouchés durables, et non à la seule perspective d’une exposition ponctuelle.
En misant sur ses stations-service, MRS Corlay Cameroun entend faire de son réseau un outil de développement commercial au bénéfice des entreprises locales. Reste désormais à traduire cette ambition en opportunités accessibles, en ventes effectives et en croissance pour les producteurs camerounais.




















